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La mine du Fays

d’Halanzy

NIVEAU

DE DIFFICULTÉ

ACCESSIBILITÉ

L’extraction minière

 

Altitude 343 m

Anciennes exploitations

minières en galeries

des 18e et 19e siècles.

 

 

1. LES TRANCHÉES

Le minière de la forêt gaumaise est une tranchée en U ou en V, dont la profondeur varie de quelques dizaines de centimètres à une demi-douzaine de mètres et la largeur de 1 à 6 mètres. Sa longueur s’étend de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres voire un ou deux kilomètres. La forme de la tranchée varie en fonction de ce que le mineur découvre lors de l’exploitation. Les traces d’extraction du gisement de la minette de Musson-Halanzy se rencontrent surtout dans la pente de la côte bajocienne. Ce sont des grattages à flanc de coteau.

 

Les mineurs visaient le banc de minette. Celui-ci affleure à flanc de coteau. Il n’est pas accessible de plain-pied depuis la vallée et se retrouve recouvert de plusieurs dizaines de mètres de terrain. L’exploitation par grattage plutôt que par galerie consiste à enlever le minerai à ciel ouvert en entaillant le flanc de la colline. Il se crée ainsi une poche menacée par les terres du dessus.

 

Soit le mineur dégage d’abord les terrains supérieurs pour pouvoir travailler, soit par excavation, il provoque leur éboulement avec le risque d’être lui-même enseveli. Au résultat, le grattage fait reculer la partie sommitale du front de la côte, créant un palier à mi-pente (au niveau du banc de minette) et des éboulis en contrebas.

 

Au XVIIIe et au début du XIXe siècles, les mineurs qui travailleront par galeries utiliseront le palier ainsi formé à mi-hauteur de la côte comme dépôt de minerai et de stériles. Des chemins seront aménagés dans la pente pour permettre l’accès du charroi jusqu’au niveau du banc de minette et ainsi faciliter l’enlèvement du minerai.

 

1603, le revenu de la mine apparaît dans la comptabilité de la prévôté d’Arlon. La mine est offerte annuellement en oultrée au dernier enchérisseur par le receveur domanial ou gruyer. Ces acheteurs appartiennent à deux catégories, soit aux maîtres de forges, soit aux habitants de Halanzy agissant pour le compte des maîtres de forges ou comme intermédiaires. Ces 2 types de locataires se succèdent tout au long du XVIIIe siècle.

 

Exploitation épisodique à partir de 1633 et ce pendant 30 ans, en raison de la guerre qui sévit. Avec le XVIIIe siècle, l’importance de l’exploitation minière de Halanzy commence à poindre. Le travail d’extraction provoque des victimes parmi les mineurs. On relève la mort de Jean-Laurent Adam, terrassé dans un trou de mine le 4 janvier 1725, ou encore Jean Hutelet, écrasé le 11 septembre 1739.

 

En 1737, les hauts fourneaux de Montauban consomment du minerai de Halanzy.

En 1757, on trouve mention d’un mineur de Halanzy, Jean Léonard, qui a fourni 100 voitures de minette et qui passe pour le meilleur mineur livrant l’usine de Buzenol.

Entre 1767 et 1771, le client le plus éloigné d’Halanzy est le haut fourneau de Mellier, mais, il y a aussi Orval, le haut fourneau de Pierrard, Montauban, Berchiwé, La Soye, Bologne, le Pont d’Oye pour la minette ; et Rutel, Lacmane et le Fourneau Marchant pour le fer fort.

 

 

2. LES GALERIES

En 1770, sept galeries font travailler 18 à 19 ouvriers qui produisent 5.000 voitures de minette par an. Minette et fer fort sont transportés aux usines par les laboureurs du village quand les travaux des champs ont cessé. La rémunération du mineur s’élève à 8 sols par charrée de minette et n’évoluera que peu de temps avant la Révolution française ; alors que le voiturage d’une usine comme le Fourneau Marchant coûte bien plus cher : 54 sols. À Halanzy, la rémunération du mineur grimpe de 8 à 9 sols après 1786. En 1773, fin des livraisons de fer fort au Fourneau Marchant et à Montauban.

 

Le travail à la mine est une affaire de famille. Parmi les exploitants de minette, il est possible de reconstituer plusieurs lignées de mineurs qui perpétuent leur labeur de génération en génération. Les mineurs sont intégrés dans la société villageoise et il leur arrive d’occuper des postes majeurs de la municipalité. En 1804, la minette de Halanzy alimente 15 hauts fourneaux et rend 34% de fonte.

 

Les statistiques de 1811-1812 mentionnent pour Halanzy une production de 3.000 tonnes de fer tendre extraites par le travail de 10 mineurs pendant 9 à 10 mois. Le rapport entre le coût d’extraction et le coût de transport s’élève à 1 pour 7.

 

Avec la crise économique fin du XVIIIe siècle, les usines réduisent leurs achats de fer tendre au profit du fer fort. Entre 1770 et 1811, réduction du nombre d’ouvriers d’une vingtaine à une dizaine, du nombre de mines de 7 à 2 ou 3 et de la production de minette de 6.000 à 3.000 tonnes. Reprise de l’exploitation minière dès la mise en place du régime néerlandais.*

 

*source : Les mines de fer du pays gaumais J.C. Delhez. 2004